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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 13:23

homoparentalite-hollande.jpgIl est quelque chose qui me déplaît souverainement dans le débat public actuel. Une dérive qui s'apparente à une forme de totalitarisme : je veux parler de la mort de la pensée devant l'affect.

Sur les questions dites ''de société'', depuis des années, c'est toujours le même schéma : on prend un cas particulier excessivement dramatique, et on le matraque partout de façon à ce que l'adversaire passe pour un épouvantable cœur de pierre s'il ose émettre un semblant de réflexion contradictoire. Le Pacs ? Il faut voir les débats de l'époque : la France était alors peuplée de personnes homosexuelles qu'aucune loi ne protégeait, qui se retrouvaient jetées à la rue sans possibilité de recours à cause de l'épouvantable famille de leur conjoint décédé qui captait leur héritage légitime. Jusque-là, les concubins hétérosexuels trouvaient bien le moyen de ne pas se marier sans que cela n'inquiète personne ; mais peu importe. On fit donc une loi pour pallier cette épouvantable atteinte à l'Amour.

Avec le débat sur l'euthanasie, même chose. Voici un cas particulier, celui d'une mère contrainte ''d'aider son fils à mourir'' parce que l'on refuse au malheureux le DROIT de mourir. Nos chaumières, abreuvées du sublime façon Nous deux + un roman et tétanisées par les larmes de cette famille brisée, trouvèrent absolument admirable qu'une maman administre à son fils pour le tuer du pentobarbital de sodium, un produit que les Etats-Unis eux-mêmes récusent dans la mise à mort de leurs condamnés.

Et voici qu'avec l'élection de François Hollande, nous nous précipitons à marche forcée vers l'ouverture du mariage aux couples homosexuels. Une véritable urgence, une priorité absolue : comme le reconnaissait ingénument Najat Vallaud-Belkacem dans une interview au magazine Hétéroclite il y a peu, comme de toute façon le nouveau président a les mains liées en matière budgétaire, ''cette loi ne coûtera rien aux finances publiques.[...] Dans cette campagne présidentielle, on a le sentiment que l’air est très lourd. Il y a la crise économique, les gens souffrent, on parle de sujets très sérieux, très techniques : l’économie, l’Europe, la finance, les banques… Une mesure comme celle-ci donnera l’occasion de respirer, de rêver aussi''. Le mariage gay comme opium du peuple en souffrance, en somme.

 

Et c'est toujours la même trame, le même scénario de ''débat'' pipé. Devant la souffrance terrible de Jean et Romain, marine-sarko-bayrou.jpgobligés de cacher leur couple aux yeux de l'Aide sociale à l'enfance pour que Jean puisse adopter la petite Emma, qui ne pourra jamais être élevée par Romain s'il arrive quelque chose à Jean, l'empathie s'emballe, la compassion déborde. Les sceptiques face à l'adoption par un couple homosexuel auront beau avancer leurs arguments, les larmes du camp d'en face balaient toute réflexion : quiconque raisonne froidement face à de tels drames ne peut au mieux qu'être insensible, au pire un affreux homophobe masqué.

 

Piégé, le débat. Quel débat d'ailleurs ? A coups de citations tronquées, de chiffres délirants (selon l'Association des parents gays et lesbiens, en 2001, 30.000 enfants vivaient dans des familles homoparentales ; en juin 2004, ils étaient 150,000 ; en septembre de la même année, 200.000 ; en 2005, entre 200 et 500.000) on tente de nous faire croire qu'en France, les couples homosexuels ont en moyenne quinze enfants et vivent dans une zone de non-droit familial absolu.

 

Le seul argument, dans les débats actuels consiste à dire : ''Et si c'était vous ? Si c'était vous qui étiez homosexuel, n'aimeriez-vous pas que l'on vous y autorise ?'' D'où la profusion de campagnes mettant en scène les hommes politiques, que ce soit pour l'euthanasie, l'homoparentalité... ou même contre l'avortement (même si cette dernière affiche, représentant François Hollande en foetus, est une parodie créée par le blogueur Fik Fikmonskov, elle a été largement diffusée sur les réseaux sociaux).

 

Faudra-t-il pour débattre, montrer patte blanche, justifier de sa propre souffrance, opposer la douleur du couple stérile à la détresse de l'enfant adopté ? Si oui, souffrez alors que je sois légitime : 100% de mon couple et 100% de ma fratrie sont adoptés. Est-ce assez ? Sans doute. Mais je refuse d'entrer là-dedans.

 

Si je suis opposée à l'adoption par les couples de même sexe, ce n'est pas du fait de ma propre histoire d'enfant adoptée. Je ne crois absolument pas que la légitimité se fonde sur l'expérience intime, qui varie d'une personne à l'autre. Sans doute cela me donne-t-il une sensibilité particulière à cette question ; mais elle n'est pas plus ni moins légitime que la sensibilité elle aussi épidermique de l'homosexuel qui veut adopter. Je ne crois pas non plus que les personnes homosexuelles soient dépourvues, loin s'en faut, des qualités nécessaires à l'éducation d'un enfant.

 

Par contre, je dis que l'homosexualité est par nature biologiquement stérile. Et qu'une loi décrétant le contraire n'y changera rien. L'anthropologie ne se décrète pas. Oui, on peut légiférer en disant qu'un enfant peut naître de deux hommes et de deux femmes, à l'image de l'adoption plénière qui inscrit l'enfant dans une filiation non biologique. Bien sûr qu'on le peut. Et cela ne donnera pas pour autant des suicides collectifs d'enfants de couples homoparentaux. Par contre, oui, ce sera plus compliqué pour eux.

 

hollande-foetus.jpgL'adoption, au fond, qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? C'est un enfant, né par nature d'un homme et d'une femme, qui se trouve par accident privé d'un père et d'une mère. Et qui rencontre un homme et une femme, par nature fertiles mais stériles par accident. Les uns et les autres trouvent dans l'adoption le moyen de réparer ce qui, dans leurs parcours de vie respectifs, constitue une blessure.

 

L'adoption, que sera-ce demain ? Ce sera un enfant, né par nature d'un homme et d'une femme, que l'on prive volontairement de son père et de sa mère. Et qui rencontrera deux hommes ou deux femmes, par nature infertiles, qui, refusant cette infertilité ontologique, feront comme si l'enfant avait pu naître d'eux.

 

Parce que dire qu'on peut être issu de deux hommes ou de deux femmes, c'est un mensonge.

 

On peut vivre dans le mensonge. On enrichit quelques psys au passage, on en bave, on est mal, mais on peut.

 

Mais ça reste un mensonge.

 

L'alliance VITA propose une pétition pour le droit de l'enfant à avoir un père et une mère. C'est ici.

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Published by Nystagmus - dans Société
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commentaires

Mahaut 29/08/2012 12:37


Esclarmonde, vous pointez du doigt quelque chose d'essentiel. Ces questions révèlent la fracture qu'il y a "à gauche" (pour simplifier très sommairement) sur la question du libéralisme et de la
compatibilité entre le libéralisme des moeurs et l'antilibéralisme économique. Beaucoup de personnes de gauche considèrent qu'on peut tout à fait être antilibéral d'un point de vue économique et
libéral sur les sujets de société, alors que le libéralisme "sociétal" prend racine dans le libéralisme économique. Les analyses de Jean-Claude Michéa sont très éclairantes pour comprendre à quel
point la partie de la gauche qui refuse de dépasser cette contradiction est en train de se suicider, doucement mais surement.

Esclarmonde 29/08/2012 10:44


L'embêtant avec ces projets, c'est qu'elle divise la société et notament les gens qui ont une sensibilité "de gauche" dans le sens où l'on est pour le progrés social avec moins d'inégalités,
moins d'exploitation et le progrés écologique. Or, si l'on émet le moindre doute sur l'homoparentalité, l'euthanasie, etc... on est taxé de gros réactionnaire proche du "patronat", une vision des
choses funestes qui arrange les vrais dirigeants de cette planète. Merci pour cet article

Paul 11/06/2012 10:41


Je poste ce commentaire bien après la bataille simplement pour questionner un argument que vous utilisez à propos du PACS et qui est souvent repris par ceux qui le critiquent, à savoir que la
majorité des PACS étant contractés par des couples hétérosexuels, cela signifie qu'il ne répondait pas à un réel besoin pour les homosexuels. Cet argument ne cessera pas de m'étonner.


Le PACS est ouvert à tous les couples. Or il se trouve que la majorité des êtres humains sont hétérosexuels. Dans ces conditions, n'est-ce pas la logique même que la majorité des PACS soient
contractés par des couples hétérosexuels ? Ce que le pourcentage indiquerait plutôt, c'est que le PACS ne répondait pas seulement à un besoin des couples homosexuels, mais de tous les couples,
pour ceux qui ne souhaitaient pas se marier.


Par ailleurs, il me paraît très difficile de dire que parce qu'une minorité de couples homosexuels sont pacsés, cela signifie que la majorité des homosexuels n'en ont pas besoin ou ne le
souhaitent pas. Le PACS répond à un besoin pour les couples qui se sont pacsé, mais aussi pour tous ceux qui n'ont pas encore rencontré la personne avec qui ils pensent pouvoir construire quelque
chose (le PACS étant pour les homosexuels la seule forme d'union reconnue possible, on peut comprendre qu'il revête pour eux une dimension beaucoup plus importante et symbolique que pour les
hétérosexuels, ce n'est pas un simple contrat), mais encore pour ceux qui ne souhaitent pas se pacser mais pour qui la reconnaissance possible d'un couple change tout au niveau du symbolique,
même si cela reste très limité. Je connais très peu d'homosexuels, pacsés ou non, en couple ou non, qui diraient que le PACS ne répond pas à un besoin. 

Anne-Laure 01/06/2012 23:25


Il est curieux que François Hollande Président de la République, n'ayant jamais voulu se marier même avec 4 enfants, ni régulariser avec l'actuelle compagne (qu'on dit d'ailleurs pas encore
divorcée de celui dont elle porte toujours le nom), soit pour le mariage des homosexuels. déjà cela, c'est incohérent!


C 'est vraiment le monde à l'envers.... mais cela avait été prédit lors de nombreuses apparitions de la Vierge notamment à Fatima. Maintenant à peine 4% des gens sont pratiquants, donc les
chrétiens perdent pied complètement face à la normalité... Tiens vous avez dit qu'on vait un Président "normal"???? Non il n'est pas normal. Il ne rentre pas dans la norme qui est de considérer
qu'une famille noramle a un père et une mère et des enfants biologiques ou adoptés (c'est à dire élevés par les mêmes parents de préférence...


On me prétextera qu'il y a des veuves qui élèvent des enfants seules, ceci est un accident de la vie... mais au moins la maman pourra parler du père absent à son enfant qui comprendra... car il y
a l'amour et l'estime qui restent, une image paternelle sans tache...


Cela me conduit à réfléchir au problème de votre amie Isabelle abandonnée juste avant la naissance de son 3ème enfant. C'est inhumain, horrible. C'est "techniquement" la même situation mais pas
moralement...une blessure béante. Rien à voir....


Je ne suis pas contre les homosexuels qui n'ont pas choisi leur état, mais contre le mariage homo qui n'a pas de sens. le mariage vous l'avez très bien expliqué donc je ne reviendrai pas
dessus....

exilé 31/05/2012 13:35


à C


Comme vous l'indiquez justement, le mariage et la filiation sont liés, on en vient donc à l'adoption par les couples homosexuels pour ne pas etre hypocrites.


 


Et donc, pour ne pas etre hypocrites, à la légalisation de la gestation pour autrui.


 


Parcequ'une femme peut utiliser la procréation médicalement assistée, mais un homme, n'ayant pas d'utérus, non.Et que de facto, on discrimine donc le couple masculin par rapport au couple
féminin...


Et de la gestation pour autrui, on glisse à la commercialisation du corps.


 


Et pourquoi discriminer aussi les tenants du polyamour ? il y a des civilisations qui élèvent les enfants plus ou moins collectivement non?


Donc, mariage à trois, ou à quatre...


 


On parle bien d'anthropologie.A -t-on le luxe de se payer un virage sur ce plan, dans cette période de confusion qui est la notre?


 


Nystagamus : merci d'avoir exposé de façon si claire la différence entre nature et accident.Nous vivons une époque de confusion, sans doute parce qu'à force de jouer les débats sur le plan
émotionnel, on ne prend plus le temps de la réflexion philosophique.


La logique perd chaque jour du terrain :)


 

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