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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 00:35

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La tuerie d’Utoya, qui a vu Anders Breivik commettre ce qui restera le plus grand attentat jamais perpétré en Occident par un homme seul, excite la verve des commentateurs d’où qu’ils viennent. Et ce qui est intéressant  dans ces commentaires, c’est la difficulté qu’ont leurs auteurs à comprendre où se situe l’origine du mal.

Après que l’hypothèse du groupe islamiste ait été levée,  c’est le « fondamentaliste chrétien d’extrême-droite » qui a été stigmatisé, puis sa variante « franc-maçon d’extrême-droite ». Il faut dire que dans sa désormais célèbre vidéo, le Norvégien n’a guère  aidé les journalistes, en se déguisant successivement en soldat, en maître maçon, etc.

Chrétiens et francs-maçons ont très vite réagi en affirmant haut et fort que ni la Bible, ni les Landmarks ne pouvaient être à l’origine du meurtre de masse de Breivik. Et pour qui connait deux versets d’évangile et trois phrases rituelles maçonnes, c’est absolument évident. Koztoujours a brillamment relevé, voici quelques jours, les incohérences fondamentales entre le « message » de Breivik et le christianisme. Quant aux francs-maçons, ils ont réagi également très vite, et la lecture même rapide de commentaires de blogs comme l’excellent Blog maçonnique convainc immédiatement de l’immense consternation des Frères à voir l’un des leurs commettre pareil acte.

Comme souvent, quand on ne comprend pas ou qu’on ignore, on projette. Et à l’instar de Koz dans le billet sus-cité, je soupçonne fort mes amis des agences de presse occidentales d’avoir poussé un grand ouf de soulagement : enfin, enfin, un fondamentaliste chrétien responsable d’une boucherie sans nom ! Jusque-là nous n’avions que les tarés de la Westboro Church à nous mettre sous la dent ! (on verra plus loin que ces derniers ne sont pas restés à l’écart d’une si belle affaire.) C’est donc la preuve que toutes les religions sont égales devant la haine ! D’où l’insistance sur le christianisme supposé de Breivik, élément que la police norvégienne a très vite donné à la presse, sans doute plus pour faire cesser les soupçons d’attentat islamiste que par antichristianisme d’ailleurs.

Mais dans l’explosion de projections freudiennes nées des retombées de l’explosion d’Utoya, les journalistes n’ont pas été les seuls, loin de là. En fait, personne à la droite de la droite ne veut de l’ultradroitier Anders Breivik. Et pas uniquement parce que le nombre de ses victimes est difficilement assumable.  Même si, du côté du Front et de ses cousins européens, on trouve individuellement des personnes qui « comprennent » les motivations du meurtrier face à ce qu’ils appellent « l’invasion musulmane »,  je suis bien persuadée que Marine Le Pen ne cautionne ni ne se réjouit du massacre. Mais plus drôle est la réaction d’autres extrêmes-droites, notamment l’extrême-droite nazie.

Pour les néo-nazis français, en effet, Breivik n’est pas l’un des leurs. Tout juste lui concèdent-ils qu’il a en commun quelques ennemis avec eux, mais il est considéré comme leur ennemi également. La lecture de la section francophone de Stormfront.org, un forum national-socialiste, est édifiante. Bien qu’ayant participé à une autre section de ce forum dans laquelle il étale longuement ses obsessions anti-musulmanes (voir capture d’écran avant que son profil, year2183, ait été retiré), Breivik est vu comme… un agent juif (ou « enjuivé », ou « juif franc-maçon ») payé par «ZOG» pour faire accuser l’extrême-droite..

Pour preuve, les membres de ce forum pointent le fait que Breivik ait vidé son arme sur des militants pro-palestiniens, ainsi que sur la mention dans ses écrits de son admiration pour Theodore Herzl, le père du sionisme, ainsi qu’au couple ultrasioniste Spencer-Geller. Or, si l’on va voir du côté des partisans d’Israël, on se rend compte qu’il est dépeint comme… antisémite, toujours sur la base de ses propres écrits. Je cite :

"Si le NSDAP [parti d’Hitler, NDLR] avait été isolationniste au lieu d'être impérialiste (expansionniste) et s'était borné à déporter les Juifs (vers un Sion libéré et sans musulmans) au lieu de les massacrer, l'idéologie de haine anti-européenne connue sous le nom de multiculturalisme n'aurait jamais été institutionnalisée en Europe occidentale, parce que jamais les marxistes ne se seraient autant radicalisés. […] Dans tous les cas, vous devez vous instruire et comprendre la différence. Les conservateurs et les soi-disant nazis d'aujourd'hui font preuve d'ignorance du fait qu'ils sont totalement obsédés par les Juifs. Il n'y a pas de problème juif en Europe occidentale (à l'exception du Royaume-Uni et de la France) car nous avons seulement un million de Juifs en Europe de l'Ouest.  De ce million 800.000 vivent en France et au Royaume-Uni. Les États-Unis par contre qui ont plus six millions de Juifs (600% de plus que l'Europe) ont effectivement un sérieux problème juif."

Du côté de la Westboro Baptist Church du célèbre pasteur Phelps, on a bien évidemment saisi l’occasion, entre deux autodafés de Coran, pour désigner les VRAIS coupables d’Utoya. Allez, je vous aide : on avait les cathos, les juifs, les francs-maçons, il manque… ? Les homosexuels bien sûr !

Personne n’a semblé remarquer que, propriétaire d’une ferme bio, Breivik aurait pu également se situer dans la filiation du terroriste écolo Unabomber. Mais passons. Nous avons donc, selon les sources, un fondamentaliste chrétien d’extrême-droite juif, franc-maçon, sioniste, antisémite utilisé par Dieu pour punir les homosexuels et par les Juifs pour accuser les nazis, et poussé à l’action par la faute des musulmans.

Au-delà  de la difficulté à suivre les entrelacs complexes de la pensée extrême, ce qui frappe surtout est l’extrême-flou des idées de Breivik. Il y a vingt ans de cela, nous aurions eu un meurtrier à l’idéologie pure et en tout cas lisible. Le plus surprenant chez ce grand pourfendeur du multiculturalisme est sans doute que ses idées sont un grand melting-pot de haines mondialisées. Breivik, un pur produit de la société qu’il voulait détruire ? Je ne suis pas loin de penser que oui.

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 00:30

pub-gleeden-adultere-1.jpgC’est par David Desgouilles que j’ai eu vent de cette fabuleuse première dans notre belle MDH® (Modernité Décomplexée et Heureuse, voir note du 9 décembre dernier) : dès ce matin, un peu partout sur les murs de Paris, le site Gleeden.com, « premier site de rencontres extraconjugales » (sic), lance une grande campagne de pub en faveur de l’infidélité. Qu’on se rassure : le but n’est pas philanthropique, il ne s’agit aucunement d’une campagne visant à délivrer les masses de l’odieuse chaîne matrimoniale. Il s’agit juste, comme c’est étonnant, de promouvoir un site afin de faire du pognon.

Juste pour le plaisir, voici le communiqué qui l’annonce : "Afin de dépassionner le sujet, Melville a choisi la dérision et l’ironie pour réaliser une première série d’affiches qui sera visible dès lundi à Paris pour une durée d’une semaine sur 200 faces du réseau MediaKiosk. La campagne comprend également un dispositif de bannières web.".

C’est vrai que l’adultère, allez savoir pourquoi, est un sujet « passionné ». L’homme ou la femme du 21e siècle n’a guère évolué sur ce plan-là depuis la nuit des temps : être cocu, c’est pas super-plaisant. Il y a même des fâcheux qui prennent ça carrément mal. Et ce, malgré l’impressionnant battage médiatique expliquant à longueur de unes de magazines depuis une bonne décennie à quel point l’infidélité est une chance pour le couple.

Comme le chaland moyen n’est quand même pas tout à fait stupide, et qu’il se doute bien que peut-être l’infidélité n’est pas le meilleur moyen de s’épargner une bonne dépression ou un divorce pour faute (ou les deux), on le met non dans la peau du cocu, mais de l’infidèle. Or, le problème de l’infidèle, c’est qu’il n’a en général pas bonne presse. La compassion dans la plupart des cas va spontanément au bafoué. Il faut donc le faire paraître cool, décalé, second degré, plein d’autodérision, branché quoi. D’où la finesse incommensurable des slogans choisis : « Tout le monde peut se tromper, surtout maintenant » (mouhahahaha), « Par principe nous ne proposons pas de carte de fidélité » (huhuhu) ou « C’est parfois en restant fidèle qu’on se trompe le plus » (et là, on fait mouarf mouarf ! de rire et puis ooooohhhh !!! quand on comprend le double sens vachement philosophique).

Nul doute que cette campagne va « dépassionner » le sujet. Et c’est une catastrophe pour bien des secteurs. Vous imaginez, si l’adultère devient « dépassionné » ? La quasi-totalité de la presse people qui met la clé sous la porte. L’industrie cinématographique carbonisée. Les avocats et notaires sinistrés. Les Feux de l’Amour, déprogrammés. La cata.

Heureusement pour eux, les petits malins de gleeden.com savent bien que, tant que l’humain sera ce qu’il est, ni le fait d’être trompé, ni le fait d’être infidèle ne le laisseront indifférent. Il s’agit juste de promouvoir un monde de salauds décomplexés et de salopes qui assument, en espérant qu’attirés par le côté branchouille de la campagne, ils soient valorisés (au sens financier du terme bien sûr).

Rien que pour ça, si un jour je trompe mon époux, j’irai sur Meetic.

Na.

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 10:53

et-vous-combien-aprc3a8s.jpg« Les humains modernisés semblent être parvenus à changer la vie de presque tous les organismes dont ils ont croisé le chemin – volontairement ou non. Et pas seulement celle des baleines et des ours polaires. Il faut qu’un vivant soit vraiment bien dissimulé, plutôt coriace ou très menu pour avoir échappé à leur activisme. » Libération du 29 juin, page Rebonds, par Bruno Latour, professeur à Sciences Po.

C’est une idée qui infuse tranquillement dans les esprits depuis quelques années déjà. Alarmé par le réchauffement climatique dont il est responsable, l’homme occidental, plutôt que de remettre en question sa bagnole, s’interroge sur sa légitimité à vivre sur terre. Il se voit non plus comme l’ordonnateur de la planète, ni comme son défenseur, mais comme son cancer sur pattes. Au lieu de remettre en question ses comportements, il trouve qu'il est de trop. La misanthropie, dernier avatar de l’écologie.

Comment en est-on arrivé là ? Oh bien sûr, il y avait eu des signes, des alertes. Cette rage de l’homme riche et bien nourri à vouloir légiférer sur l’euthanasie, par exemple. A vouloir que la loi humaine le libère de l’humaine condition qui est de croître puis de décroître. Croître, oui ! Mais arrêter le temps en achetant tout ce que la science et le capital, dans un bien étrange attelage, pourraient lui vendre d’illusion – un corps qui semble rester jeune, mais qui finira par mourir quand même. Plutôt crever que laisser la mort venir à son heure !

Cette condition humaine, l’homme riche et bien nourri n’en veut plus. Etrange paradoxe qui fait qu’alors qu’il a tout pour être heureux, il se met à se haïr. Il ne se reconnaît pas plus dans le vieillard mourant que dans l’embryon fragile, dans l’encombrant obèse que dans l’handicapé perclus. Seul est digne, finalement, ce court laps de temps entre 15 et 35 ans où, en pleine possession de ses moyens physiques et mentaux, il peut donner cours à son pouvoir illusoire en enchaînant sa liberté aux prescriptions des marchands.

Sa haine de soi prend alors les formes les plus diverses – une haine souriante et pleine d’un altruisme dévoyé. Il ne faut pas laisser naître les trisomiques pour leur bien. Il faut tuer les vieillards par compassion. Combien de fois ai-je entendu ce cri du cœur de femmes enceintes par accident : « Plutôt avorter que d’abandonner l’enfant aux services sociaux, ce serait trop cruel ! »

Il est paumé, l’homme occidental. A force de vouloir combattre la faiblesse qui le constitue, il extirpe les faibles. Il se fait tant horreur qu’il se voit comme une ordure et cherche toujours davantage, dans une danse macabre frénétique, à trouver de nouvelles victimes pour expier ce qu’il est, ces victimes fussent-elles lui-même. Il a déjà réussi peu ou prou à condamner collectivement tous ses ancêtres, une bande de colonisateurs destructeurs de civilisations idéalisées prêchant une religion morbide. Il est en train de se débarrasser de ses vieux et de ses enfants à naître.

La prochaine victime, c’est l’enfant déjà né.

Il n’y a pas si longtemps, on aimait les enfants. Ou plus exactement on aimait ce que représente un enfant. L’idée qu’un monde neuf commence. Qu’on va pouvoir tout reprendre à zéro. Une nouvelle chance, le rêve d’un avenir meilleur. Qui ne s’est déjà senti incroyablement ému de tant de potentiel contenu dans un si petit corps ?

Mais voilà, aujourd’hui l’enfant est une menace. Depuis quelques décennies déjà, on nous explique doctement qu’il est indispensable de couvrir l’Afrique de pilules contraceptives parce que beaucoup d’Africains n’ont pas les moyens d’élever des enfants. Aujourd’hui, c’est l’enfant occidental qui est visé.

Oh ! bien sûr, il y avait eu il y a quelques années un certain emballement médiatique autour du livre de Corinne Maier,  No Kid, 40 bonnes raisons de ne pas avoir d’enfant. Un livre bon enfant, si j’ose dire, où l’ironie empêchait de prendre trop au sérieux le propos de l’auteur, une… mère de famille. Un sujet magazine-type, léger, décalé, qui prétendait aller à contre-courant des idées reçues tout en se moulant dans le plus absolu conformisme libéral : le rêve des marchands de tout poil, c’est un monde de DINK [1] - permettez moi de préférer l’acronyme équivalent français CASE[2] que je trouve tellement plus parlant.

On se souvient également d’Yves Cochet et de sa sortie sur la suppression des allocations familiales dès le troisième enfant. Selon lui, en effet, un enfant a "un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York". Le concept d’enfant pollueur, lui, a été créé par Théophile de Giraud, l’auteur de L’Art de guillotiner les procréateurs – Manifeste anti-nataliste. Et l’Express nous parlait la semaine dernière de « la dernière lubie américaine » : renoncer à la maternité pour sauver la planète. L’égoïsme dandy affiché par les premiers Child Free laisse place à un dénatalisme pavé de bonnes intentions, où les riches du Nord adopteraient les enfants des pauvres du Sud plutôt que de renoncer à surconsommer.

Une lubie américaine, vraiment ? Il semble au contraire que les esprits sont mûrs pour tout cela.La preuve avec cette campagne qui date de décembre dernier. On y voit un petit garçon, beau, rayonnant, bien habillé, avec  un prénom chic et mode, et cette inscription : « Malo, 384 kg de déchets par an ». Une campagne proposée par le Grand Lyon et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Elle est passée à peu près inaperçue sur les blogs, et ceux qui s’en sont fait l’écho ont pour la plupart loué l’initiative qu’elle présente.

Car cette initiative est loin d’être bête : il s’agit de calculer via un site dédié combien nous produisons de déchets et ce que chacun peut faire pour réduire sa part. N’attendez pas de moi que je pousse des cris d’orfraie sur ces affreux écolos qui veulent nous faire revenir à la lampe à huile ; à l’instar de mon ami Patrice de Plunkett, je crois profondément que la conception chrétienne de l’homme ne peut faire abstraction du saccage de son environnement. Mais quand même. « Malo, 384 kg de déchets par an ». Je trouve ce slogan abject. Pire encore, je le trouve révélateur.

Oui, vraiment, plus que jamais, la figure du Christ torturé sur sa croix nous interpelle. Car c’est la figure de l’humanité réelle. Pas cette humanité ivre de sa toute-puissance d’autodestruction.



[1] Double Income No Kids : double salaire sans enfants.

[2] Couple actif sans enfants.

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 10:16

CRESSENS.jpgPas d'article sur Nystagmus aujourd'hui, par contre je vous invite à aller faire un tour dans la maison commune des Sacristains où je vous propose un portrait de l'homme qui m'a le plus marquée dans mon enfance et mon adolescence. Il s'appelait Jean Fréchet, il était prêtre, il est mort un peu avant Pâques et c'était un juste. Bonne lecture!

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 14:57

Freimaurer InitiationLa révision de la loi de bioéthique a été l’occasion ces derniers jours d’un petit revival très « IIIe République » : le Grand Orient de France, toujours prompt à déceler l’épouvantable menace cléricale catholique derrière les apparences les plus patelines de ses représentants, a vu rouge dans ce communiqué que vous avez dû voir passer ici ou là :

 

“Le Grand Orient de France s’étonne et s’inquiète des réactions de l’Église Catholique concernant le projet de loi sur la bioéthique, discuté en ce moment à l’Assemblée Nationale.

L’évocation par Monseigneur Vingt-Trois d’un "recul de civilisation" dénote un obscurantisme et un mépris des positions éthiques laïques qui sont évidemment la préoccupation des élus concernés et à qui l’on doit reconnaître la conscience de leur responsabilité.

Sans dénier à l’Église le droit de dire une morale qui concerne ses adeptes, le Grand Orient de France rappelle que dans ce débat qui intéresse le pays tout entier dans la diversité de ses composantes philosophiques et religieuses, l’État est chez lui et l’Église doit rester chez elle.

Le respect de la laïcité garante de la paix et de la justice sociale est à ce prix.”

 

Ce communiqué est un bijou de drôlerie à plusieurs égards. D’abord parce que l’on voit déjà, en lisant les Frères du GODF, les Légions du Pape® défilant sur les Champs-Elysées dans-pas-longtemps-si-ça-continue-comme-ça.

 

Ensuite parce que dire que le GODF « s’étonne » des réactions de l’Eglise catholique, c’est un tout petit peu du foutage de gueule. Quoi ! Comment ! Mais qu’est-ce ! Rendez-vous compte, l’Eglise catholique défend l’embryon ! Scandale  inédit ! Scoop mondial !

 

Vient encore la délicieuse phrase « Sans dénier à l’Église le droit de dire une morale qui concerne ses adeptes… » qui me donne l’occasion de remercier gravement et solennellement le GODF de m’autoriser à suivre selon ma conscience la morale prônée par le catholicisme, même si l’on sent bien dans un tel énoncé comme l’écho d’un regret qu’il ne soit pas possible de dénier précisément ce droit.

 

Mais le meilleur est, comme souvent, à la fin : « l’Etat est chez lui et l’Eglise doit rester chez elle ». On aurait pu ajouter « et les vaches seront bien gardées ». Cette affirmation est assez typique, ainsi que le relevait hier Dominique Daguet, de la conception maçonnique de la laïcité, conçue non pas comme un lieu neutre de coexistence pacifique et libre des religions dans la République, mais comme une déesse jalouse dont les Frères (et Sœurs selon les obédiences) seraient les vestales. Benoît XVI, lors de sa visite en Croatie, a d'ailleurs parfaitement cerné l'hypocrisie du propos laïciste, pourfendant non pas les religions, mais les autres religions, lorsqu'il a souligné la culture "faussement neutre" de l'Occident.

 

Lorsqu’on leur oppose l’argument que la Franc-Maçonnerie ressemble quand même sacrément à une religion, les maçons vitupèrent. Ils avancent pour preuve que selon eux, on peut tout à fait être à la fois maçon et chrétien, maçon et bouddhiste, etc. Comme appartenir à deux religions à la fois est très compliqué (quoique, pas pour tout le monde), il en ressort nécessairement que la franc-maçonnerie n’est pas une religion. CQFD, fermez le ban syllogique.

 

Si donc, le 24 juin prochain, vous croisez un Respectable Frère, sachez qu’il se rendra selon toute probabilité dans un temple (nom religieux) pour fêter la Saint-Jean-d’Eté (fête religieuse catholique) basée sur la fête du Solstice (fête religieuse païenne) en effectuant des rituels spécifiques à base de blé, de vin, de feu et de chandelier à 7 branches (objet cultuel juif). Et bien que ses « activités associatives »,  comme les francs-maçons appellent leurs tenues devant les profanes, soient manifestement à caractère religieux, son avis à lui serait légitime et pas celui du cardinal Vingt-Trois.

 

Pour se faire une idée, le mieux est encore d’aller y voir de plus près. Comme la cérémonie de la Saint Jean d’été est interdite aux profanes, Nystagmus vous en propose la description exacte en reproduisant le document qui suit et qui est le rituel tel qu’il est pratiqué actuellement par les obédiences dépositaires du Rite Ecossais Ancien et Accepté, à la Grande Loge Nationale Française, au Droit Humain et bien entendu chez nos amis si strictement laïcs du Grand Orient de France. C’est un document rarissime ; car si l’on trouve sur Internet un certain nombre de rituels maçonniques, des rituels anciens comme celui-ci qui date de 1804 ou, plus rarement, des rituels actuels, ce sont tous des rites de passage d’un grade à un autre ; bien moins connues sont les cérémonies des « fêtes » maçonniques, comme les deux Saint-Jean (d’hiver et d’été).

                                                     

PREPARATION DE LA CEREMONIE

 

-                      Le temple doit être très éclairé et décoré de fleurs et de verdure

-                      A l’occident, une petite table recouverte d’un linge blanc

-                      Une vasque (ou un chaudron) en cuivre pour y brûler le blé, le vin et les rouleaux

-                      Un peu d’alcool

-                      3 épis de blé (ou des grains de blé)

-                      1 verre (ou un vase) contenant du vin rouge

-                      2 feuilles blanches (ou parchemin) sur un support pour recueillir les signatures

-                      sur l’autel du travail, un candélabre à 7 branches garnies de bougies

-                      sur chaque plateau d’Officier, y compris le Vénérable Maître, un bougeoir vide (= 7), qui sera porté de la main droite lors des déplacements (main gauche le long du corps)

-                      un bouquet de rose (autant de roses que de participants) qui seront distribuées après la Chaîne d’Union (facultatif)

 

Le Maître des cérémonies accompagne tous les déplacements dans le Temple.

 La musique a une très grande importance.

Il est recommandé de choisir une belle symphonie qui sera continue et dont la densité sera fonction des paroles et des déplacements dans le Temple.

 

 

CEREMONIE :

Avant la clôture habituelle des travaux :

Vénérable Maître :

Frère Grand Expert, Frère Maître des Cérémonies, veuillez faire circuler les rouleaux afin que chacun de nous y appose sa signature.

(puis les rouleaux sont placés sur la table, à l’Occident).

 

Vénérable Maître :

Frère 1er Surveillant, avons-nous quelque travail particulier à achever avant de nous séparer ?

 

1er Surveillant :

Oui Vénérable Maître, et la nature nous l’indique.

Le lent travail de la germination, poursuivi et achevé, a porté ses fruits comme nous l’attendions.

Le travail du Franc-Maçon est comparable aux transformations souterraines de la plante.

Le moment est venu pour lui de déposer les outils et de jouir, dans la splendeur de l’été, du repos que son labeur et son assiduité lui ont fait mériter.

C’est l’époque où toute la nature chante un hymne à la vie.

Le bonheur de vivre illumine tous les visages.

C’est un chant de reconnaissance envers le soleil dont la chaude lumière baigne toute la nature et lui donne la vie.

 

Vénérable Maître :

Frère Second Surveillant, pourquoi les Francs-Maçons célèbrent-ils la fête du Solstice d’été ?

 

2nd Surveillant :

Vénérable Maître, c’est afin de commémorer notre Initiation et nous rappeler que nous avons reçu la Lumière.

 

Vénérable Maître :

Frère Second Surveillant, pourquoi plaçons-nous cette célébration au Solstice d’été ?

 

2nd Surveillant :

Vénérable Maître, c’est parce que la lumière du soleil est à son maximum d’intensité et d’activité.

 

Vénérable Maître :

Frère Orateur, pourquoi la fête du Solstice d’été est-elle appelée aussi fête de la Saint Jean ?

 

Orateur :

Les Francs-Maçons ont choisi Saint Jean le Baptiste comme référence parce qu’il a consacré son temps à donner la connaissance à ceux qui en étaient privés, et sa vie toute entière fut un long effort vers la Lumière.

 

Vénérable Maître :

Le feu de la Saint Jean, tel le soleil, est le symbole de la lumière.

C’est le feu cosmique qui est à l’origine de toute vie, matérielle et spirituelle.

Le feu crée la vie, il la soutient, la conserve et la détruit. Mais en la détruisant, il donne naissance à une vie nouvelle.

  

     PAUSE

Vénérable Maître :

De même que le soleil dispense ses rayons bienfaisants sur la terre, nous allons répandre la Lumière dans ce Temple.

 

                                            CEREMONIE DES LUMIERES

 

(Le Grand Expert allume le candélabre à 7 branches)

  Vénérable Maître :

Frère Orateur, venez chercher la Lumière qui nous éloigne des chemins tortueux.

 

L’Orateur se lève, prend son bougeoir vide et dit :

Orateur :

 

Vénérable Maître, je ferai briller l’étincelle de la loi.

Il se dirige vers l’autel du travail, prend une bougie du candélabre, la met dans son bougeoir et regagne son plateau rituellement.

 

Vénérable Maître :

Frère Secrétaire, faites que notre commune expérience nous unisse.

 

Le Frère Secrétaire se lève, prend son bougeoir vide et dit :

Secrétaire :

Je garderai vive la mémoire de la Loge.

Il se dirige vers l’autel du travail, prend une bougie du candélabre, la met dans son bougeoir et regagne son plateau rituellement.

 

Vénérable Maître :

 Frère Hospitalier, que la flamme de l’Amour soit entre vos mains.

 

Le Frère Hospitalier  se lève, prend son bougeoir vide et dit :

Hospitalier :

 J’entretiendrai la douce chaleur de la fraternité.

Il se dirige vers l’autel du travail, prend une bougie du candélabre, la met dans son bougeoir et regagne son plateau rituellement.

 

Vénérable Maître :

Frère Trésorier, soyez le gardien de notre stabilité.

 

Le Frère Trésorier  se lève, prend son bougeoir vide et dit :

 

Trésorier :

Je veillerai à la solidité de notre édifice.

Il se dirige vers l’autel du travail, prend une bougie du candélabre, la met dans son bougeoir et regagne son plateau rituellement.

 

Vénérable Maître :

Frère Second Surveillant, conservez pour nous les fruits de la patience.

 

Le Frère 2nd Surveillant  se lève, prend son bougeoir vide et dit :

 

2nd Surveillant :

J’éveillerai chez nos Apprentis la notion du temps.

Il se dirige vers l’autel du travail, prend une bougie du candélabre, la met dans son bougeoir et regagne son plateau rituellement.

 

Vénérable Maître :

Frère 1er Surveillant, venez nous aider à traverser les ténèbres.

  Le Frère 1er  Surveillant  se lève, prend son bougeoir vide et dit :

 

1er Surveillant :

Je donnerai à nos Compagnons le goût de construire dans la clarté.

Il se dirige vers l’autel du travail, prend une bougie du candélabre, la met dans son bougeoir et regagne son plateau rituellement.

 

PAUSE

 

 

1er Surveillant :

Vénérable Maître, maintenez l’harmonie entre nous tous.

 

Le Vénérable Maître recueille alors la 7ème bougie (celle du milieu), la met dans son bougeoir en disant :

Vénérable Maître :

Mes Frères, je serai le garant de l’Amour fraternel qui règne dans notre Loge.

 

Vénérable Maître :

Frère 1er Surveillant, de quelle manière les Francs-Maçons fêtent-ils le Solstice d’été ?

 

1er Surveillant :

Par l’offrande du blé, symbole de la vie matérielle, et du vin, symbole de la vie spirituelle.

 

Vénérable Maître :

Nous allons donc offrir le blé, en reconnaissance de tous les biens matériels que nous pouvons avoir reçu dans l’année maçonnique qui vient de s’écouler.

Nous allons offrir le vin en reconnaissance de tout le bien spirituel, de toutes les forces et de toutes les consolations que la Franc-Maçonnerie peut nous avoir donné durant cette même année.

 

PAUSE

                                                              

 

Vénérable Maître :

Frère 2nd Surveillant, que ferons-nous ensuite ?

 

2nd Surveillant :

Nous brûlerons le(s) rouleau(x) afin que le passé ne nous entrave pas, que nous puissions nous consacrer entièrement aux exigences du présent, fixer notre attention sur le futur et nous laisser guider par la Lumière de la Sagesse.

 

Vénérable Maître :

Par l’apposition de nos noms, ce(s) rouleau(x) contien(nen)t toutes nos pensées, tous nos désirs, toutes nos paroles, toutes nos actions.

Nous espérons que toute trace du mal que nous avons pu commettre disparaîtra, ainsi que toute trace des petites animosités qui ont survenir entre les Frères, et qu’il ne subsistera que ce qu’il y a eu de beau dans nos pensées, dans nos paroles, dans nos actions.

  

PAUSE

 

1er Surveillant :

Debout et à l’ordre mes Frères

 

Le Maître des Cérémonies monte chercher le Vénérable Maître à son plateau et le conduit jusqu’à la vasque (ou le chaudron)

 

Vénérable Maître :

Que flambe le feu de la purification, de l’inspiration, de la connaissance.

J’allume cette flamme, symbole de la Lumière, du soleil, de la vie, de l’Amour ardent.

Il enflamme l’alcool.

Le Maître des Cérémonies lui présente le blé.

Le Vénérable Maître le jette dans le feu en disant :

 

Vénérable Maître :

Le blé, symbole de la vie matérielle, est le témoignage du travail de l’Homme.

Dans les entrailles de la terre, la graine a germé. Le blé est apparu, promesse puis certitude. Il est soleil en moisson, il est gerbe d’union, il est l’aube qui renaît de la nuit.

Que le blé nourrisse notre corps aussi longtemps qu’il sera nécessaire.

 

Le Maître des Cérémonies présente le vin au Vénérable Maître, qui le jette dans le feu en disant :

 

Vénérable Maître :

Que ce vin soit le symbole de notre reconnaissance pour tout le bien spirituel reçu pendant cette année.

Il est connaissance et dépassement du savoir.

 

Le Maître des Cérémonies présente le(s) rouleau(x) au Vénérable Maître, qui le(s) jette dans le feu en disant :

 

Vénérable Maître :

Je brûle le(s) rouleau(x).

Que cet acte soit le symbole de notre libération de tout ce qui entraverait notre marche vers la Lumière.

Qu’il soit aussi le symbole de l’union de tous les Francs-Maçons réunis aujourd’hui, de tous les Francs-Maçons répartis sur les deux hémisphères qui œuvrent partout pour l’édification du Temple de l’Humanité.

  Le Vénérable Maître regagne son plateau et dit :

  Vénérable Maître :

Pour sceller encore davantage notre Union, nous allons former autour du feu notre Chaîne fraternelle.

Mes Frères, formons la chaîne.

  « Dans le silence et le recueillement, formons des vœux pour notre propre développement moral, intellectuel et spirituel. Des vœux pour la prospérité de notre Ordre et de toutes les Puissances maçonniques. Des vœux pour la paix dans la fraternité, dans la justice et dans l’harmonie.

N’oublions pas que la paix dans le monde ne peut être réalisée que si chaque individu, chaque Franc-Maçon instaure d’abord la paix en lui-même.

Rappelons-nous le serment prêté lors de notre Initiation.

Jurons d’aimer nos Frères, d’être justes, de rester dignes vis à vis de nous-mêmes. De nous efforcer, dans la mesure de nos moyens matériels, intellectuels et spirituels, de travailler pour le bien de la Franc-Maçonnerie Universelle.

  Le Grand Expert :

Au nom de tous, je le promets.

  Vénérable Maître :

En ce jour du Solstice d’été, quittons cette Chaîne, nos cœurs resteront unis.

  Prenez place mes Frères.

 

(facultatif)

Le Grand Expert et le Maître des cérémonies distribuent les roses.

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 05:27

-3.jpgNotre troisième enfant, Louise, est née le 16 avril dernier. Après ce temps de pause, Nystagmus reprend du service: à suivre, dans les prochaines heures, un article que l'on pourrait taguer ainsi: franc-maçonnerie, religion, bioéthique, laïcité, scoop.

A très vite ;)

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 19:19

avortement.jpgEn ouvrant ma boiîte aux lettres ce matin, je suis tombée sur un communiqué de l’ADV (Alliance pour les droits de la Vie) qui célébrait à sa façon la journée du 8 mars, journée internationale, comme nul ne peut l’ignorer, de la Femme.

Deux passages en particulier m’ont interpelée :

« l’Alliance pour les Droits de la Vie souhaite rendre hommage à toutes les femmes qui se battent pour concilier vie professionnelle et vie familiale, ainsi qu’à celles qui ont résisté aux pressions, souvent masculines, qui tendent à dissocier féminité et maternité. »

Plus loin : « En levant le tabou des conséquences de l’avortement sur la vie des femmes, l’Alliance souhaite une plus grande maturité dans l’approche d’une question de société sensible, qui, dans certains cas, est à prendre en compte parmi les violences faites aux femmes. »

En discutant autour de moi, je me suis rendue compte que ces deux passages surlignés avaient du mal à passer. Comment donc ! L’avortement, une violence faite aux femmes ! Ces fous extrémistes anti-IVG sont vraiment prêts à tout.

Il se trouve qu’un autre communiqué de presse, émanant celui-là de la Région Rhône-Alpes, est venu indirectement apporter de l’eau au moulin de l’ADV.

« Sexualité, contraception… Pour la première fois une Région donne la parole aux jeunes ! »

C’est vrai que jusque-là, les jeunes pouvaient en parler en famille, au lycée, dans la rue, au centre social, à la MJC, au CIO, mais pas à la Région. Ça leur manquait.

« Mais comment on fait pour avoir des capotes gratuites ou prendre la pilule sans demander à ses parents ?»

Voilà de vraies questions que les vrais jeunes se posent vraiment, à l’heure des distributeurs de capotes omniprésents et des infirmières scolaires habilitées à prescrire la pilule du lendemain. L’ennemi est d’entrée de jeu désigné : le parent, cet empêcheur de forniquer en rond.

« Comment on fait pour obtenir de vraies réponses aux questions sur la sexualité et la contraception ? »

Pour le coup, la question est pertinente. Surinformés, nos jeunes le sont sans nul doute ; mal informés, tout autant. Ils n’ignorent rien de la tuyauterie humaine, du kama-sutra et ont déjà vu un film porno à 11 ans pour une bonne partie d’entre eux ; parlez-leur respect, amour , responsabilité et partage de plaisir, là, ils sèchent. Non qu’ils ne soient demandeurs d’ailleurs. Mais la question de la sexualité, le plus souvent, est évoquée en termes effectivement de contraception. Comme si la sexualité humaine se résumait à ne surtout pas faire d’enfants et à ne pas choper le sida. Mais continuons de lire notre communiqué de presse :

Dans le cadre de la concertation régionale sur l’accès à la contraception et la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles, la Région Rhône- Alpes sollicite l’avis des jeunes (14-25 ans) sur Internet.

Le Conseil régional lance une enquête afin de mieux identifier les besoins et les difficultés des jeunes en matière de sexualité et de contraception.

L’objectif est de mettre en place des actions qui leur facilitent la vie. La consultation des jeunes se fait par le biais d’un questionnaire anonyme en ligne.

L’enquête est prévue sur quinze jours, mais pourra être prolongée d’une semaine en fonction du nombre de réponses.

Rendez-vous sur www.tasante.com »

Tasanté.com, voilà un nom de site qui fleure bon le sérieux, le concret, le site institutionnel, ou du moins un site d’utilité publique.

Je suis donc allée voir ce site auquel la Région Rhône-Alpes a délégué son fameux questionnaire. La page d’accueil titre sur cet alléchant programme : « Pour la journée de la Femme, offre-toi un jules ! » Un article que je vous laisse découvrir tant il est romantique, qui s’adresse donc à une cible à partir de 14 ans.

Subjuguée par la qualité des conseils dispensés  dans ce billet, je décide de pousser plus avant ma lecture et je me rends dans la section intitulée sobrement « mecs ». Et c’est là que se trouve un petit bijou de littérature médicale, un billet qui renvoie le Complexe du homard de cette chère Dolto au rayon des antiquités. Ça s’intitule « Ado et futur papa », et ça donne ça (c’est nous qui soulignons les passages en gras).

On parle souvent des problèmes psychologiques qu'entraîne une grossesse accidentelle chez une ado, de savoir s'il faut garder le bébé ou non, si c'est trop tôt, trop difficile... Mais les mecs aussi sont concernés. Que faire quand ça te tombe dessus ? Voici quelques pistes pour t'aider à gérer.

En couple, ta nana veut garder le bébé
Ta nana t’annonce qu’elle est enceinte et qu’elle a envie de garder le bébé. Ok là t’as le droit de flipper ! T’es jeune et avoir un bébé c’est carrément pas dans tes plans. Comment faire ? L’important est de ne pas laisser trainer. Pour info, en France, l’IVG est autorisée jusqu’à la fin de la 12ème semaine de grossesse (soit 14 semaines d'aménorrhée). Si bébé il doit y avoir, tu devras t’en occuper en tant que père, alors autant t’impliquer dès maintenant dans cette prise de décision ! C’est dur à dire, mais il faut clairement expliquer à ta copine que tu n’as pas envie d’avoir un enfant pour le moment. 
Tu as une grande part de responsabilité dans cette histoire, alors rappelle-lui que c’est une erreur que tu ne veux pas payer toute ta vie. Explique-lui qu’avoir un bébé c’est un engagement à vie, que pour pouvoir s’en occuper il faut avoir une situation stable, être autonome (travail, appart).  Et que le mieux pour ce bébé c’est d’avoir une maman et un papa. Or si avant même sa naissance, tu as des réticences à vouloir le garder, c’est le bébé qui risque d’en souffrir. N’oublie pas que c’est son corps alors la décision finale lui reviendra. Soit convaincant, si vous pensez que c’est du sérieux entre vous il sera toujours temps de lancer un bébé plus tard ! Chaque chose en son temps ! Ensuite, accompagne-la dans les démarches comme les visites médicales, les consultations IVG… Ce n’est pas le moment de la laisser tomber !
Alors évidemment, ça leur fera peut-être un choc d’apprendre que leur propre progéniture a enfanté, mais un conseil : parles-en à tes parents ! Ils te connaissent mieux que personne et seront là pour t’épauler. Assure-toi si possible que ta copine aussi en parle à ses parents.

En couple, vous êtes ok pour ne pas le garder
T’es love, en couple depuis une plombe, et t’apprends lors d’un diner avec ta chéri, entre deux frites, que le test de grossesse est positif. Heureusement vous êtes sur la même longueur d’onde et optez pour l’avortement. Ce que ta copine va traverser est difficile. Tu dois la soutenir ! Aide-la dans les prises de rendez-vous chez les médecins, accompagne la à chaque examen, et le jour sois plus présent que jamais.  Enfin, Rappelle-lui que tu seras toujours disponible pour elle si elle ressent le besoin d’en parler. Et réconforte-la en la rassurant sur votre choix et sur tes sentiments. Si malgré ces bonnes intentions vous vous demandez comment faire pour avoir recours à l’IVG ; entrez en contact avec le Planning Familial de votre région, ils pourront prendre en charge votre  demande d’IVG, et pourront également vous soutenir moralement à traverser cette épreuve.

Bad trip, c’est même pas ta copine…
T’as rencontré une fille le mois dernier. Pour terminer cette soirée bien arrosée, vous l’avez fait… sans vous revoir après…  Jusque-là rien de grave. Sauf que te croyant invincible tu ne t’es pas protégé et t’as chopé un bébé ! Si t’es un mec bien et responsable, tu dois assumer et aider la fille que tu as mise enceinte en la soutenant dans toutes ses démarches comme si c’était ta copine. Applique les mêmes conseils que dans les deux cas de figures précédents. Si cette nana veut garder l’enfant, deux possibilités s’offrent à toi : tu le reconnais ou pas, c’est-à-dire que tu deviens son papa aux yeux de la loi. Sache que reconnaître l’enfant t’engage à exercer une autorité parentale, c'est-à-dire assurer la sécurité et la moralité de l’enfant, ainsi que ses besoins (nourriture, logement), alors pèse bien le pour et le contre avant de prendre une décision !

L’article s’arrête là. Un article qui est un véritable appel à exercer des pressions sur une mineure fragile. Si on fouille plus avant, on est renvoyé sur un article "expliquant" l'IVG et qui incite clairement à contourner la loi française (imagine-t-on un billet expliquer qu’en France la pédophilie est sévèrement réprimée mais qu’on peut aller à Madagascar tranquille ?) et qui n’envisage pas une seconde le cas où un ado voudrait faire un truc de dingue, un truc fou : assumer ses responsabilités. Non, l’ado pour tasanté.com, c’est une boule d’hormones sans cervelles qui veut juste niquer comme un lapin et ne surtout pas s’emmerder à réfléchir. Je serais ado, je me sentirais insultée.

Tasante.com est une émanation du groupe Skyrock. Si la Région s’est acoquinée avec eux, c’est parce qu’un sondage a crédité ce site comme étant un site très consulté par les adolescents. Je comprends la volonté de la Région de toucher le maximum de jeunes, mais est-ce bien raisonnable de cautionner un site ayant un discours aussi violemment anti-féministe ?

L’ADV a raison. Dans certains cas, l’avortement est une violence à l’encontre des femmes. Violence à laquelle des sites comme tasante.com induisent les adolescents.

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 18:43

...c'est écrit par moi et c'est à retrouver chez les Sacristains. Ce dossier contient mon interview du père Henri Boulad, jésuite égyptien, qui révèle que les gardes de l'église copte visée par l'attentat de la Saint-Sylvestre ont été soudoyés; mon interview de Alain Feuvrier, jésuite, islamologue, sur l'évolution de la situation égyptienne au fil des ans; et enfin la traduction originale du cri de douleur d'un intellectuel musulman devant le carnage copte.

A faire circuler sans modération !

 

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 05:01

le-20milieu.jpgRevoilà le Chafouin qui me taquine sur la question politique qui court de blogs en blogs ces derniers jours: la question du centre. Quand on me demande mes opinions politiques, c'est vrai qu'en général je réponds "centriste". Et ces derniers temps, je me sens très en vogue, surtout quand je vois le nombre de personnalités (en général de droite) qui courent après l'AOC "centre", Villepin n'étant pas, comme le Chafouin le souligne, le moins surprenant. Il semble que l'étiquette de centriste tende à désigner aujourd'hui la droite qui a la trouille de passer pour sarkozyste, comme elle désignait en 2007 bien des déçus du Parti socialiste.

En fait, la bipolarité obligatoire du système politique français m'a toujours beaucoup gênée. Sur quelque sujet que ce soit, j'ai toujours l'impression que la question est mal posée ou de façon incomplète. Que la réalité comporte trois dimensions mais qu'on me propose de voir le monde en deux.

Etudiante, j'ai milité un temps - assez court - dans le grand-parti-de-gauche et j'ai été étonnée de la façon dont on formatait plus qu'on ne formait les militants. Et le fait de me retrouver avec des militants ultralaïcs n'arrangeait rien. Les quelques croyants de la section étaient soient protestants libéraux, soit catholiques honteux ("ah non mais Jean-Paul II, il a rien compris, hein, moi je te parle de Jésus le précurseur de Marx, voire de Proudhon..."). On ne nous apprenait pas à réfléchir; on considérait que puisque nous étions là, c'est que nous étions d'accord avec le Boss (à l'époque, Jospin) et que ce dont nous avions besoin, c'était d'apprendre par coeur un certain nombre de slogans et de réponses. Plus tard, en fréquentant - sans militer cette fois - des militants du grand-parti-de-droite, je me suis rendu compte que c'était encore pire.

Comme Romain Blachier, je crois que le vrai centre, sur l'échiquier politique, n'existe pas. Et ça m'arrange, car je ne suis pas faite pour la politique. Le flou du centre, pour ma part, je le revendique. Je me dis centriste parce que  l'étiquette est suffisamment floue pour que je puisse me sentir à l'aise. La droite sarkozyste me fait frémir parce qu'elle représente pour moi tout ce que la doctrine sociale de l'Eglise vomit: culte du fric-roi, esprit de jouissance, écrasement des plus pauvres, girouette idéologique au gré de ce que l'on pense que pense le peuple. La gauche dont je viens, je ne la reconnais plus: elle est si noyée dans ses querelles de bac à sable qu'on a bien du mal à trouver trace d'un programme, hormis sur les questions sociétales. Et si l'on peut éventuellement admettre que la gauche (et là j'élargis à toute la gauche) prenne le parti des plus pauvres économiques, c'est à l'exclusion des autres fragilités, comme par exemple la fragilité d'éducation avec un système qui a décervelé les gamins à coup d'études de textes de rap. Ajoutez à cela le flirt d'une certaine gauche avec l'extrémisme islamiste, sous prétexte de défense du prolétariat, et vous comprendrez pourquoi le centre, si flou soit-il, me convient parfaitement.

S'il y a bien un événement qui m'a marqué, dans ma vie politique, c'est le référendum européen de 2005. D'abord par la façon dont droite et gauche pro-oui n'ont cessé de m'accuser de crypto-fascisme (ah! l'édito de July au lendemain de la victoire du non!) parce que je votais non. Cela m'a interrogée, d'ailleurs: j'ai longuement regardé dans mon miroir si une mèche et une moustache ne m'auraient pas poussé pendant la nuit, et scrupuleusement vérifié à l'aide d'un nuancier que mes chemises n'avaient pas subitement bruni. Ben non.

Ensuite par le mépris absolu du peuple: puisqu'on te dit qu'il n'y a pas d'alternative, crétin, ben toi et ton vote, retournez au supermarché le dimanche faire ce qu'on attend de vous, c'est-à-dire consommer, et laissez-nous piétiner entre nous la volonté populaire grâce au traité de Lisbonne. Et quand en plus je vois les mêmes grands européens se féliciter de ce que la Chine rachète la dette grecque comme ça on n'a pas à s'embêter avec la solidarité intra-européenne, je me dis que décidément, cette Europe-là n'est plus que la grimaçante caricature du rêve de Schumann.

Sans moi! Disons que je suis centriste, c'est ce qui est le moins faux. Mais je ne crois guère à l'action politique via les partis. Et je crois de plus en plus que le vote n'est qu'un moyen très limité parmi d'autres de faire avancer ce en quoi je crois. Ce qui m'intéresse, c'est de défendre l'humain dans toutes ses dimensions, de sa conception à sa mort, et à chaque étape de sa vie. La question sociale, et les questions sociétales. Deux poumons pour respirer correctement.

 

Et à mon tour, je tague sur cette question Pierre-Baptiste Cordier, Henry le Barde, Thomas More, Le Gambrinus et Lagouelle.

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 10:49

IMGP6896.JPGMa paroisse, je ne l’ai pas choisie : c’est celle de mon secteur. Elle est en haut d’une colline : Lyon en a deux, « une qui travaille et une qui prie », une appelée Croix-Rousse qui est une icône de l’histoire ouvrière et une appelée Fourvière, où trône une basilique de style néo-stalinien byzantin célèbre dans le monde entier.

Ma paroisse se situe donc sur la colline de Fourvière. A première vue, l’église  ne vous tape pas dans l’œil : un grand bâtiment blanc d’aspect très XIXe, et du XIXe le plus néo-classique qui soit, entouré d’un grand mur.

Dans ma paroisse, le curé s’appelle Franck, et il fait reculer à lui seul de pas mal d’années la moyenne d’âge des prêtres diocésains. Le dimanche, ma paroisse affiche sa bonne santé avec une assemblée hétéroclite, composée des étudiants de la résidence universitaire toute proche, des nombreuses familles avec enfants en bas âge, des religieuses des cinq ou six plus proches congrégations, de retraités aussi. J’aime profondément ma paroisse, sœur Michèle de la communauté du Cénacle à qui je peux laisser mes enfants pendant que je suis à la messe, les mamans du caté qui prennent le café ensemble après la messe du mardi matin, les têtes nouvelles ou connues que j’y croise le dimanche.

La suite de ce papier, c'est ici, chez les Sacristains.

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