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L'oeil d'une journaliste catholique dans le tourbillon de l'actu

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La question du centre

le-20milieu.jpgRevoilà le Chafouin qui me taquine sur la question politique qui court de blogs en blogs ces derniers jours: la question du centre. Quand on me demande mes opinions politiques, c'est vrai qu'en général je réponds "centriste". Et ces derniers temps, je me sens très en vogue, surtout quand je vois le nombre de personnalités (en général de droite) qui courent après l'AOC "centre", Villepin n'étant pas, comme le Chafouin le souligne, le moins surprenant. Il semble que l'étiquette de centriste tende à désigner aujourd'hui la droite qui a la trouille de passer pour sarkozyste, comme elle désignait en 2007 bien des déçus du Parti socialiste.

En fait, la bipolarité obligatoire du système politique français m'a toujours beaucoup gênée. Sur quelque sujet que ce soit, j'ai toujours l'impression que la question est mal posée ou de façon incomplète. Que la réalité comporte trois dimensions mais qu'on me propose de voir le monde en deux.

Etudiante, j'ai milité un temps - assez court - dans le grand-parti-de-gauche et j'ai été étonnée de la façon dont on formatait plus qu'on ne formait les militants. Et le fait de me retrouver avec des militants ultralaïcs n'arrangeait rien. Les quelques croyants de la section étaient soient protestants libéraux, soit catholiques honteux ("ah non mais Jean-Paul II, il a rien compris, hein, moi je te parle de Jésus le précurseur de Marx, voire de Proudhon..."). On ne nous apprenait pas à réfléchir; on considérait que puisque nous étions là, c'est que nous étions d'accord avec le Boss (à l'époque, Jospin) et que ce dont nous avions besoin, c'était d'apprendre par coeur un certain nombre de slogans et de réponses. Plus tard, en fréquentant - sans militer cette fois - des militants du grand-parti-de-droite, je me suis rendu compte que c'était encore pire.

Comme Romain Blachier, je crois que le vrai centre, sur l'échiquier politique, n'existe pas. Et ça m'arrange, car je ne suis pas faite pour la politique. Le flou du centre, pour ma part, je le revendique. Je me dis centriste parce que  l'étiquette est suffisamment floue pour que je puisse me sentir à l'aise. La droite sarkozyste me fait frémir parce qu'elle représente pour moi tout ce que la doctrine sociale de l'Eglise vomit: culte du fric-roi, esprit de jouissance, écrasement des plus pauvres, girouette idéologique au gré de ce que l'on pense que pense le peuple. La gauche dont je viens, je ne la reconnais plus: elle est si noyée dans ses querelles de bac à sable qu'on a bien du mal à trouver trace d'un programme, hormis sur les questions sociétales. Et si l'on peut éventuellement admettre que la gauche (et là j'élargis à toute la gauche) prenne le parti des plus pauvres économiques, c'est à l'exclusion des autres fragilités, comme par exemple la fragilité d'éducation avec un système qui a décervelé les gamins à coup d'études de textes de rap. Ajoutez à cela le flirt d'une certaine gauche avec l'extrémisme islamiste, sous prétexte de défense du prolétariat, et vous comprendrez pourquoi le centre, si flou soit-il, me convient parfaitement.

S'il y a bien un événement qui m'a marqué, dans ma vie politique, c'est le référendum européen de 2005. D'abord par la façon dont droite et gauche pro-oui n'ont cessé de m'accuser de crypto-fascisme (ah! l'édito de July au lendemain de la victoire du non!) parce que je votais non. Cela m'a interrogée, d'ailleurs: j'ai longuement regardé dans mon miroir si une mèche et une moustache ne m'auraient pas poussé pendant la nuit, et scrupuleusement vérifié à l'aide d'un nuancier que mes chemises n'avaient pas subitement bruni. Ben non.

Ensuite par le mépris absolu du peuple: puisqu'on te dit qu'il n'y a pas d'alternative, crétin, ben toi et ton vote, retournez au supermarché le dimanche faire ce qu'on attend de vous, c'est-à-dire consommer, et laissez-nous piétiner entre nous la volonté populaire grâce au traité de Lisbonne. Et quand en plus je vois les mêmes grands européens se féliciter de ce que la Chine rachète la dette grecque comme ça on n'a pas à s'embêter avec la solidarité intra-européenne, je me dis que décidément, cette Europe-là n'est plus que la grimaçante caricature du rêve de Schumann.

Sans moi! Disons que je suis centriste, c'est ce qui est le moins faux. Mais je ne crois guère à l'action politique via les partis. Et je crois de plus en plus que le vote n'est qu'un moyen très limité parmi d'autres de faire avancer ce en quoi je crois. Ce qui m'intéresse, c'est de défendre l'humain dans toutes ses dimensions, de sa conception à sa mort, et à chaque étape de sa vie. La question sociale, et les questions sociétales. Deux poumons pour respirer correctement.

 

Et à mon tour, je tague sur cette question Pierre-Baptiste Cordier, Henry le Barde, Thomas More, Le Gambrinus et Lagouelle.

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P
<br /> <br /> Vous ne m'avez pas tagguée ! Je crois que je sais pourquoi. Je n'aime pas le centre.<br /> <br /> <br /> Alors, je me suis autotagguée !<br /> <br /> <br /> <br />
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N
<br /> <br /> Oh que cet auto-tagguage me plaît!<br /> <br /> <br /> Je suis un peu nouille parfois, j'ai pas osé ;)<br /> <br /> <br /> Je vais lire ça avec plaisir!<br /> <br /> <br /> <br />
R
<br /> <br /> J'oubliais: pour les cathos honteux par contre je te rejoint totalement.<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> Cyrille: trnacher juste au milieu ne veut rien dire: on fait comment pour les ROms ? On les renvoie mais on les dépose à équidistance entre leur pays d'origine et la France? On renvoie la moitié<br /> de la famille? On augmente le SMIC mais de un centimes ? Ou on l'augmente certains mois et pas d'autres? On aboli à moitié la peine de mort?<br /> <br /> <br /> La politique demande de prendre des décisions.<br /> <br /> <br /> <br />
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R
<br /> <br /> 1-La gauche n'est pas  toujours productiviste loin de la, il existe des marxistes non productivistes (voir par exemple la revue Mouvements et des sociaux démocrates non-productivistes. Par<br /> contre les solutions plus au centre ou à droite le sont toujours, le non-productivisme étant globalement une doctrine de gauche (il y a les exceptions de certaines mouvances de la Deep Ecology ou<br /> du christianisme conservateur isolationniste mais ce n'est pas ta tasse de thé je pense). Imposer des limites à l'appareil capitaliste concrétement, c'est de la régulation.<br /> <br /> <br /> 2-Meirieu ne représente pas toute la gauche en éducation. Le débat pédagos/école classique se fait à l'intérieur de la gauche comme à l'intérieur de la droite ou du centre. C'est d'ailleurs au<br /> MODEM ou chez les verts que la tendance pédago est la plus forte.<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Bonjour Cyrille,<br /> <br /> <br /> Je ne suis pas une experte en la question politique mais j'ai retenu cette phrase : "j'aurais plutôt tendance à penser que le terme, tout comme le parti... reste à inventer."<br /> <br /> <br /> Je n'aime rester seulement aux constats, j'ai besoin d'agir et je pense qu'aujourdh'ui le "centre" a besoin de s'affirmer, d'avoir un réel projet tenu par des personnes de bonne volonté. Je pense<br /> que nous sommes nombreux et qu'il est temps de faire entendre notre voix. Une énergie qui n'est pas utilisée se perd ou menace ce qui se trouve sur son passage.<br /> <br /> <br /> Aujourdhui j'ai envie d'aller à la rencontre de ceux qui veulent agir, réfléchir, oeuvrer pour une société plus juste et plus démocratique.<br /> <br /> <br /> Quand commençons-nous ? Il est temps si nous voulons être prêts pour 2012.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Marie-Françoise Fauquenot<br /> <br /> <br /> <br />
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