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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 13:12

article_photo_1227186167793-3-0.jpgMon Dieu qu'elle fait jaser, cette prière que Mgr Vingt-Trois a recommandée pour la fête de l'Assomption, le 15 août prochain, afin de demander à Dieu de préserver la famille dite ''traditionnelle''. Pendant que le Parti Radical de Gauche en hurlait de terreur (j'en ai parlé il y a deux jours), voilà que Nadine Morano, dont on ne dira jamais assez à quel point elle nous manquait depuis la fin du quinquennat de Sarkozy, explique qu'elle ne s'y joindra pas : ''La Vierge Marie à laquelle je suis très attachée ne rejette aucun de ses enfants. A titre personnel je ne m’attacherai pas à cette consigne''.

 

Elle est pourtant bien classique, cette prière universelle. Allez-donc y voir. Pas d'anathème, pas de menace d'enfer, même pas le moindre petit bout d'excommunication à se mettre sous la dent. Juste une demande de nous rendre plus attentifs à la misère économique et de faire que les politiques privilégient le bien commun plutôt que les demandes particulières. On y lit en filigrane une allusion assez claire à la possible ouverture du ''mariage pour tous'', cet élément de novlangue qui fleure bon la démocratie enfin rétablie et l'injustice boutée hors de France. Mais enfin, on a connu des textes plus belliqueux.

 

Mais peu importe. Pour Nadine Morano, il s'agit de montrer qu'être de droite, c'est être cool. Et être cool, c'est être pour le mariage gay et l'adoption par les couples homos. Alors afin de donner une assise scientifique à la question, Nadine énonce des statistiques. C'est fiable, la statistique, c'est solide, c'est scientifique, tout ça. Et voilà donc qu'elle nous explique qu'elle est pour la famille pas traditionnelle (comprenez les enfants élevés par des personnes homosexuelles), parce que, ne l'oublions quand même pas, ''85% des violences faites aux enfants le sont dans des familles traditionnelles''.

 

C'est marrant, ça me rappelle un slogan publicitaire assez populaire, dans mon jeune temps : ''Loto : 100% des gagnants ont tenté leur chance''. Comme l'a souligné Stéphane Lemessin, on pourrait ajouter, sans craindre d'être scientifiquement contredit, que 100% des divorces ont lieu dans les couples mariés, que 100% des femmes battues présentent des signes de maltraitance et que 100% des maladies nosocomiales sont contractées dans un cadre hospitalier.

 

Ce qui m'amène à m'interroger : ce chiffre de 85% (un Danette au spéculoos pour celui qui me trouve d'où il sort), ne serait-il pas un peu homophobe ?

 

Admettons qu'il y ait en France effectivement 300.000 familles dites ''homoparentales'' (voyez, je suis sympa, je prends les chiffres gonflés aux stéroïdes des partisans du mariage gay). Sur 17.5 millions de familles françaises, cela fait, si je calcule bien, 17.2 millions de familles traditionnelles. Si 85% des violences leur sont imputables, cela fait 15% qui le sont aux familles homoparentales. Cela veut donc dire que 1,71% des familles (les familles homoparentales) concentreraient 15% des violences familiales.

 

Soyons fair-play : je pense que le chiffre de Nadine Morano est une ânerie de première, destinée à sidérer, de même que lorsque l'Association pour le droit à mourir dans la dignité nous assène sans rire que 91% des Français sont pro-euthanasie. Il s'agit simplement de créer la confusion en associant dans le même énoncé ''85%'', ''famille traditionnelle'' et ''maltraitance'', et accréditer ainsi que la famille traditionnelle est massivement le lieu privilégié de l'enfer.

 

Mais affirmer en creux que les familles homos sont aussi horribles, ça, ma petite Nadine, ce n'est pas très gay-friendly.

 

Vilaine, va.

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Published by Nystagmus - dans Société
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Isabelle Lagrange 24/01/2013 20:33


Hé hé, j'ai fait le même genre de cacul quand Caroline Fourest a doctement expliqué sur BFM-TV, à l'occasion de la Manif pour tous, que
:



« Il y a des hétérosexuels qui font des enfants très tordus, très délinquants. Même dans 98 % des cas, c’est ce qui se passe »



On en conclut donc que seulement 2% des délinquants viennent de familles homoparentales, chiffre plutôt bas à première vue, et on applaudit à 2 mains pour leur confier des enfants plutôt qu'à des
familles hétéro qui en feront des petits délinquants…


Oui, mais…


 


Les derniers recensements de la population française donnent un chiffre de 15916000 enfants et jeunes de moins de 20 ans en France.


D'après les associations LGBT , 200000 enfants en France vivent dans des familles homoparentales (nombre d'ailleurs sûrement largement surestimé, mais peu importe, on ne m'accusera pas de noircir
le tableau) : je sors ma calculette... et je trouve que 98,74 % des enfants français vivent des familles hétérosexuelles et  1,26% dans des familles homoparentales.


 


Mais alors comment se fait-il qu'on ait 2 % de délinquants issus de familles homoparentales et pas seulement 1,26% comme le suggère une bête règle de proportionnalité ? J'ose à peine y croire,
est-ce que par hasard, les familles homoparentales favoriseraient la délinquance ?


 


Votre billet pourrait s'intituler : "comment se prendre les pieds dans le tapis en disant n'importe quoi pour appuyer son idéologie…"
 

 


PS : si on prend le chiffre sans doute beaucoup plus réaliste de 40000 enfants vivant avec deux personnes du même sexe, le pourcentage tombe à
0,25% d'enfants… à comparer aux 2% de délinquants…

Petit Fute 29/08/2012 09:04


Violences, incestes, pédophilie ... Tout cela existe aussi dans les familles catholiques. Il ne faut pas se voiler la face. Les plus traditionnalistes sont souvent ceux qui ont le plus de
problèmes (sara palin, philippe de villiers, Le pen ...)

armel h 07/08/2012 22:06


Ça, c'est sûr, 100% des malitraitances sur mineurs impliquent un enfant.
Donc, pour lutter contre la violence faite aux enfants, favorisons les familles sans enfant par rapport aux familles avec enfants (inventons les allocations non familiales !).


Et, statistiquement, la majorité de ces agressions sur un enfant sont le fait d'une personne en ayant la repsonsabilité et non d'un simple passant.
Donc, pour lutter contre ces violences, il faut arrêter de s'occuper des enfants, et les laisser livrés à eux-mêmes.


C'est ce qui est bien, avec les chiffres ; on peut en faire ce qu'on veut. (en même temps, on les a inventé pour ça...)

Etienne 06/08/2012 17:50


En fait, tout dépend de ce qu'on cherche à faire. Si on cherche à se payer Morano, je ne vous jette pas la pierre : l'exercice est très tentant, procure un certain plaisir, est assez facile
compte tenu des énormités qu'elle peut proférer. Mais en bon chrétiens, restons à l'abri de cette tentation et soyons charitable puisque, de toute évidence, Dieu ne lui a donné ni le sens du
ridicule, ni celui de la mesure.


Si le débat est autour des risques qu'encourent l'enfant, alors vous avez raisons, prenons des vrais chiffres, des études solides. Il y en a certainement plusieurs, j'en connais pour ma part
surtout un. 


 


Bureau of Justice
Statistics, US Departement of Justice, 1994 : 20 % des enfants de moins de 12 ans victimes
d'actes pédophiles ont été agressés par leurs pères, 46 % par un membre de leur famille (père inclus), et 50 % par des amis ou des connaissances . Autrement dit seulement 4 % des actes de
pédophilie sont le fait d'inconnus.


Pour les 13-17 ans, les agresseurs sont
à 20 % des membres de la famille, à 65 % des amis ou des connaissances, et à 15 % des inconnus. 


Pour ma part, j'en tirerait deux conclusions, forts provisoires puisqu'elles ne demandent qu'à être éclairées par le débats oud 'autres éléments solides :


1° L'image de l'enfant en danger d'agression sexuelle venant d'un inconnu (rapt à la sortie d'une école, atouchements dans la rue...) est extrêmement minoritaire, les enfants (comme toutes les
victimes quel que soient leur age d'ailleurs) victimes de violences sexuelles de la part de eprsonneqs qu'elles connaissent. Un enfant a un risque statistique nettement plus fort d'e^tre victime
au sein de sa propre famille que, quoi qu'en disent les médias, auprsè d'un instituteur ou d'un prêtre.


2° Les aggressions "sexuelles, en l'occurence) subbies par les enfants semblent suivre le processus de socialisaation : surtout le cas des parents quand c'est 'lessentiel de ses liens affectifs
(avec l'école), et puis, au fur et à mesure de son vieillissement, de plus en plus le fait de personnes extérieures à la cellule familiale (mais toujours majoritairement des personnes connues.


 


Tout ça ne nous éclaire pas beaucoup sur la situation des familles traditionnelles par rapport aux autres, mais la famille, qu'elle qu'elle soit, est bien effectivement l'endroit où l'enfant est
le plus victimes de viols ou d'attouchements. 


Enjeu de santé public ? Précisément ! Au lieu de nous abreuver avec des pseudo campagne de rpéventions sur le risque de rapt ou de faire pleurer dans les chaumières avec des alertes enlèvement,
on ferait mieux, si on voulait vraiment résoudre ce problème et protéger nos enfants, s'intéresser à comment fonctionnent nos extraordinaires "familles traditionnelles" ou pourquoi de tels actes
continuent à y avoir cours dans une impunité manifeste.


 


Mais tout cela n'a rigoursement rien à voir avec le débat sur l'homoparentalité.


 


 


 


 

Nystagmus 06/08/2012 18:04



Fort bien. Je suis bien d'accord, j'ai moi-même publié à plusieurs reprises des statistiques dans le même sens lors du scandale des prêtres pédophiles.


Mais ces statistiques ne disent nullement si la famille basée sur un couple homme-femme stable est plus dangereuse que les autres formes de familles. Et c'est bien de cela qu'il s'agit dans le
discours de madame Morano: non pas comparer ce que risque l'enfant dans et hors de sa famille quelque forme qu'elle prenne, mais comparer deux types de famille.


Mais peut-être n'avez vous pas vu l'article de Rue89 sur lequel je me base pour mon propre billet: mille excuses, je m'aperçois que j'ai oublié de le linker. Le voici:
http://www.rue89.com/2012/08/06/morano-nira-pas-prier-pour-la-defense-de-la-famille-traditionnelle-234417



Etienne 06/08/2012 16:26


Si la citation de Nadine Morano est bien que "85 % des violences faites aux enfants le sont dans des familles traditionnelles", cela veut die que 15 % des violences faites aux enfants le sont
hors de ce cadre. Entendre : dans des familles divorcées, monoparentales, homosexuelles, mais aussi à l'école, dans la rue, en vacances, chez des amis... Pourquoi, sinon pour une démonstration
fumeuse, vous contentez vous de diviser le monde entre famille "traditionnelle" et familles homosexuelles ?


 


Tordre et manipuler la réalité pour vouloir à tout prix montrer qu'on a raison n'est pas plus intelligent dans la bouche de Nadine Morano que dans celle de ceux qui lui répondent.


En tout cas, ca n'élève pas beaucoup le débat...

Nystagmus 06/08/2012 17:18



On peut effectivement considérer que le chiffre de 15% englobe les familles monoparentales, homosexuelles ou divorcées, mais aussi le harcèlement à l'école et, comme vous dites, "dans la rue, en
vacances, chez des amis". Et du même coup, dire que 85% des violences sont le fait de familles où le couple stable homme-femme est la base de la cellule familiale. Diantre, si c'est cela qu'elle
veut dire, c'est encore pire: comment peut-elle, dans ce cas là, se dire je cite "attachée à la famille traditionnelle"? Cela signifierait que la famille basée sur l'union stable de l'homme et de
la femme est cinq à six fois plus dangereuse pour les enfants que toute autre cause. Qu'aller jouer sur l'autoroute serait moins dangereux que de déjeuner en famille.


Mais pour en juger il faudrait savoir d'où vient ce chiffre de 85%.


D'autre part, je ne "divise" pas entre familles traditionnelles et homoparentales. Mme Morano prenant appui sur ce chiffre pour démontrer qu'il faut légaliser le mariage et l'adoption par les
personnes homosexuelles, j'en déduis que ce qu'elle appelle "famille traditionnelle", ce sont les familles telles que nous les connaissons aujourd'hui: famille nucléaire, famille monoparentale,
famille divorcée. Encore une fois, si elle englobe les quelques 2 millions de familles monoparentales dans les 15%, il faut absolument interdire la famille nucléaire, c'est un enjeu de santé
publique.



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